J’ai testé pour vous: Courir ma première Spartan Race (sans préparation et sans équipe!)

Ca faisait un moment que j’avais ça en tête : une Spartan Race, aussi « commercial » soit devenu le concept, représente quand même un joli challenge physique, et j’avais envie de tester mes propres capacités à l’affronter. J’avais pris mon dossard il y a un an, en 2016, pour celle de Juin en France. Et puis j’ai déménagé subitement à Singapour et n’ai au final pas pu participer. Sauf que l’organisation est mondiale et qu’elle se coure aussi à Singapour. J’ai donc directement pris ma place, en Sprint et en Open, et sans trop savoir à quoi m’attendre. Comme tout le monde, j’avais vu les vidéos (le teaser est en bas de l’article, si vous ne l’avez jamais vu) mais jamais affronté le montre obstacle – de ma vie, en fait. Puisque je sais que certain(e)s aimeraient en courir une aussi, voilà mon avis sur les Spartan Races et si oui ou non, vous devez essayer d’en courir une aussi ! 

1. Une Spartan Race, c’est quoi? 

C’est la course d’obstacle la plus courue au monde. Le concept a été lancé en 2007 par un groupe d’Américains, et est sponsorisé depuis 2012 par Reebok (d’ou le nom Reebok Spartan Race, que l’on voit partout). 

C’est une course sportive, (les participants sont chronométrés et le but est de finir le plus vite possible – et sans se blesser éventuellement) qui alterne course pure et obstacles d’inspiration militaire. Ramper sous des barbelés, porter des rondins de bois ou des blocs de pierre, monter à des cordes lisses, sauter par dessus des barricades : tout un tas de mouvements qu’on ne fait pas vraiment au quotidien (sauf si on est un marine), et même pas vraiment à la salle de sport (à moins que vous soyez motivés de dingue).

Il y a plusieurs types de parcours, dont les plus connus sont :

  • Sprint – minimum 5km et entre 20 et 23 obstacles
  • Super – minimum 12.8km et entre 24 et 29 obstacles 
  • Beast – minimum 19.3km et et entre 30 et 35 obstacles 

Je dis minimum, parce que c’est vraiment en fonction du terrain aussi. la Sprint de Singapour, et j’en parlerai un peu plus bas, faisait 8km cette année)

On doit affronter tous les obstacles, et si l’on échoue sur l’un d’entre eux, la « punition » est la même pour tout le monde : 30 burpees, qu’il faut finir avant de pouvoir poursuivre son chemin. 

Evidemment, la difficulté va croissante, et si on arrive à compléter les 3 (Sprint, Super et Beast) sur une année calendaire, on parle de gagner la « Trifecta« . 

A chaque course gagnée, on reçoit une médaille ronde, et un 1/3 de médaille, que l’on doit ajouter aux 2 des deux autres types de course pour faire une grosse médaille complète. (c’est anecdotique, mais je trouve le principe vraiment sympa.)

A noter qu’il existe des versions Ultra (sur une distance de marathon, 42km)  et également des opérations plus ponctuelles, et notamment des épreuves réservées à l’armée aux USA.

C’est quoi, la différence entre Open et Elite?

La catégorie Elite est compétitive : on n’a pas le droit de recevoir de l’aide sur les obstacles et les meilleurs coureurs gagnent des prix.

La catégorie Open est plus libre, et on a le droit de s’entre aider pour passer certains obstacles si besoin (les petits se feront porter, les rondins de bois se porteront à deux au lieu de tout seul, etc). Il faut donc avoir des gens sur qui compter dans les parages. 

Petite anecdote : en faisant les recherches pour cet article, j’ai découvert que le nom Spartan ne venait pas vraiment du coté historique, mais… du nom du lama domestique d’un des fondateurs. Pour la peine, photo de la lama.

2. La première Spartan Race, c’est comment?

J’imagine que si vous vous lisez tout ce qui se trouve sur leur site à propos des obstacles, si vous faites les trainings qu’ils conseillent et que vous avez l’opportunité d’aller tester les obstacles (ils organisent parfois des entrainements spéciaux), ça doit être beaucoup beaucoup moins flou que ça ne l’était dans la mienne quand j’ai pris le départ. Je suis du genre à me mettre la tête dans le sable avant d’affronter la difficulté (j’étais du genre à refuser de relire mes copies, ce genre de choses) donc j’ai complètement refusé de me renseigner. Bon. Du coup, le jour de la course, j’étais 1. très stressée, 2. pas du tout au courant de ce qui allait se passer. héhé. 

Au final il s est passé ça, cest à dire beaucoup de roulades dans la boue.

Le terrain, ça ressemble à quoi ? 

La Spartan de Singapour est installée à moitié sur un immense terrain de sport plat, à moitié dans la forêt. Il n’avait pas plu depuis très longtemps, alors ils ont innondé l’ensemble histoire de faire une grosse boue bien épaisse sur une grosse partie du parcours – pour le gaspillage, on repassera. Visiblement la boue est un élément nécessaire du concept, donc préparez vous à en trouver ou que vous couriez.. et à vous rouler dedans.

Le village de départ, il est comment? 
Ca se présente comme un village de course normal : des stands de nourriture et de fringues de sport, (très peu de stands cadeau de marque), et puis tout un tas de gens avec le même tee shirt Reebok – enfin 2 sortes, plutôt : ceux, tout propres tout beaux et tout stressés dans leur tee shirt de course, qui attendent le départ de leur vague, et les vraiment vraiment dégueulasses pleins de boue, avec le tee shirts de finishers, qui arborent une médaille un peu sale mais un sourire glorieux et soulagé. 

on doit emmener/mettre quoi ?

J’ai été optimiste et ai enfilé des baskets neuves. Pourtant, la présence de grand sacs poubelles remplis de chaussures à la sortie de la course était un indice majeur : les baskets ont du mal à y survivre. On met donc des souliers en fin de vie.

On opte pour un pantalon de sport long et moulant en synthétique (un legging de sport, quoi) et des chaussettes hautes – le but c’est d’éviter les brulures et échardes et coupures et.. bref. Les blessures, quoi. Mettez aussi des gants ( de training si vous avez, mais de jardinage ça marche aussi) parce qu’on met beaucoup les mains par terre / sur des trucs en bois / sur des trucs pas faits pour mettre ses mains dessus. Et ça rend les épreuves de corde BEAUCOUP plus faciles. 

Enfin, on oublie tout effet personnel (il y a de quoi déposer son sac, donc pas de souci) parce que s’encombrer c’est se ralentir. Il y a de l’eau distribuée le long du parcours, alors juste sa … et son couteau, et tout ira bien ! 

Une fois lancé, il se passe quoi ? 

La course en elle même… De la part d’une débutante absolue, donc, j’ai découvert les obstacles au fur et à mesure, ce qui m’a aussi permis de ne pas m’inquiéter à l’avance. Une fois qu’on est lancés, c’est trop tard, et on trouve un moyen de passer les obstacles. Vu ma composition, tous les obstacles qui faisaient appel à une force pure des bras et du dos ont été plus compliqués que les autres. Je n’ai fait les 30 burpees qu’une seule fois, après un échec sur la corde lisse – qui était en fin de parcours en prime. 

Et comment on fait, quand on a pas de team?

Je dois avouer que j’étais un peu optimiste, en partant seule. J’ai réalisé pendant la course que j’allais avoir besoin d’aide. J’ai eu la chance de tomber sur une équipe très sympa ( 2 jeunes hommes et une demoiselle) a qui j’ai pu m’associer – et ce sont même devenus de très bons potes depuis (parce que souffrir ensemble, ça crée des liens pour sûr!). Ils m’ont porté (ou du moins propulsé) sur 2 obstacles. C’est aussi ça, faire 1m58 et penser qu’on est une Spartiate. 

Ca s’est fini comment?
Très, très bien. Et avec une bière aussi, offerte sur la ligne d’arrivée. On a eu les temps quelques jours plus tard, et je ne pensais pas m’être aussi bien débrouillée : 1h41 pour finir le parcours, dans le top 7% de l’Open Sprint (140ème sur 2000 et des brouettes). J’ai une jolie médaille, 2 jolis tee shirts Reebok… et une inscription quasi validée pour la Super qui se tient en Malaisie dans 2 mois. 

Et un sourire de ligne d’arrivée, qui dit que ça fait du bien quand ça s’arrête.

3. Est-ce que TU dois courir une Spartan Race?

Assez parlé de moi, si vous lisez ça c’est que vous avez envie d’en courir une aussi.

Je pense sincèrement que c’est un challenge physique très très sympa. Par contre, je le déconseillerais à des débutants complets, qui ne courent pas du tout habituellement (je ne suis pas une grosse coureuse, mais 8km, il faut quand même les tenir, même si on a la possibilité de marcher si vraiment ça ne va plus) et à ceux et celles qui ne s’entrainent jamais au poids du corps – il faut quand même grimper des trucs et porter d’autres trucs, et ça demande un peu de muscles et de connaissance de son corps. 
Pour tous les autres, sportifs et sportives occasionnel(le)s ou confirmé(e)s : FONCEZ. C’est une expérience vraiment géniale, tous les coureurs sont dans la même galère donc on partage un moment avec des centaines de personnes, et on est très très fiers une fois la ligne d’arrivée franchie. Au pire du pire, vous ferez beaucoup de burpees, mais si vous décidez de tenter la Sprint, il n’y a aucune raison de ne pas la finir. Ca fait des jolies courbatures le lendemain (et pendant une grosse semaine, en fait) mais ça fait surtout des souvenirs cools et ça ravive n’importe quelle motivation. 

Alors, on y va ? 😀 Vous comptez en courir une bientôt ? Vous vous entrainez pour ça ? Dites moi tout en commentaire!  

 

2 Comments

Laisser un commentaire