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Certains l’auront remarqué et c’est un fait, en 1 an, j’ai perdu plus de 10,000 abonnés instagram (@thefitnesstheory). Je pourrais blâmer les changements d’algorithme, le fil non chronologique, la chasse aux faux comptes, et j’en passe. Mais ce ne serait pas tout à fait honnête de ma part. Evidemment, ces facteurs ont joué un rôle dans le déclin de ma page, mais il y a aussi des tas de raisons beaucoup plus tangibles, donc j’aimerais vous parler aujourd’hui. 

 

1. Ca fait 4 ans déjà que je fais ça – tous les jours. 

Ce compte Instagram, c’est quelque chose d’un peu précieux, une sorte de vieil ami, de doudou. J’ai commencé il y a 4 ans, quasiment en même temps que le blog, et je m’en servais pour montrer mes photos de recettes light. Je n’imaginais pas que la communauté allait grandir aussi vite, et je faisais juste ça parce que j’aimais vraiment cuisiner. J’ai rencontré des gens formidables, j’ai perfectionné mes techniques de photo et de cuisine. Ca a très vite pris beaucoup de place dans ma vie, puisque je devais me lever tous les matins pour prendre des photos à la lumière du jour, avant d’aller au bureau (jétais alors stagiaire à Londres.) Plus je postais, plus j’avais de followers, plus on m’encourageais : à manger mieux, à perdre du poids, à aller à la salle de sport. C’est un cercle, au début vertueux qui a fini par m’isoler gentiment.. et me rendre malade psychologiquement (voir l’article “fat to skinny to healthy“, ou je raconte comment je suis descendue à 37kilos sans m’en rendre compte.) 
Je suis revenue à la raison ensuite, et ai choisi de continuer, parce que je voulais aider d’autres comme moi, j’avais un savoir à partager, un amour pour la cuisine et le sport intact, et je savais que c’était bon pour moi.

thefitnesstheory avant après
(50 shades of rééquilibrage alimentaire)

 

2. J’ai grandi – et mes objectifs aussi

Oui mais voilà : ça fait 4 ans, et je suis passée de “vouloir être la plus fine possible”, à vouloir faire des performances : ça veut dire que je passe moins de temps à cuisiner et à arranger mes assiettes, et plus de temps à m’entrainer. Je compte mes macros, je fais des cheatmeals, je profite de la vie. Je suis de plus en plus loin de l’image “toute parfaite” d’instagram – je n’ai pas le corps d’une bimbo, pas de seins refaits, pas d’abdos exhubérants J’ai le corps d’une sportive, pas très grande, et pas dans les canons de beauté fit. Résultat, je perds sur instagram face à des nanas au physique impeccable, et c’est tout à fait légitime – je ne suis pas une fitgirl instagrammable.
Ca ne veut pas dire que j’arrête le sport, ou que je me laisse aller : j’aime foncièrement me dépasser, tester mes limites, faire sortir toute l’énergie que j’ai en moi. 
Je n’ai plus ni besoin, ni envie de prouver quoi que ce soit sur le niveau esthétique : je m’en cogne, tout simplement. J’ai un poids sain, des muscles, et ça vient avec quelques défauts. Et c’est TRES BIEN COMME CA.

thefitnesstheory instagram avant apres

3. Ma vie quotidienne a radicalement changé 

Il n’y a pas que mes objectifs, en réalité, qui ont été amenés à évoluer durant ces 4 dernières années – j’ai déménagé à 5 reprises (de Londres, au Costa Rica, à Chicago, puis en France, puis à Singapour). J’ai du me reconstruire une routine sportive et alimentaire à chaque fois, et les différences de fuseaux horaires avec la France ont beaucoup joué dans ma régularité.
J’ai aussi commencé ma vie professionnelle pour de vrai, et j’ai dû rogner un peu la place que je donnais à Instagram, aux photos de nourriture et aux selfies, pour pouvoir conserver ma routine sportive, une vie sociale et 9h par jour au bureau ou en voyage pro.

Je n’ai plus vraiment le temps de faire des jolies assiettes, à part le weekend de temps en temps, et je n’ai plus l’occasion de faire des photos en semaine, parce qu’il fait nuit quand je pars pour aller au sport puis au travail, et il fait nuit quand je rentre. 
J’ai été bloggeuse full time il y a longtemps, et ce n’est pas quelque chose que j’aimerais refaire : le blog & instagram me rendent heureuse comme un passe-temps, mais je ne veux pas en faire une activité principale. J’aime aider les gens, j’aime partager mes recettes, mais je ne veux pas m’enfermer dans ce monde un peu superficiel de nouveau.

food thefitnesstheory avant apres4. Ca ne veut pas dire que je laisse tomber, ou que je suis moins là pour les followers qui restent 

Alors 4 ans ont passé, et j’ai perdu du monde sur le chemin. Mais je suis toujours là : je réponds toujours à chaque mail qu’on m’envoie pour me demander des conseils, un avis, parce qu’on a besoin d’être rassuré ou prendre un petit coup de pied aux fesses amical. Je continue de cuisiner aussis souvent que possible et de partager mes meilleures trouvailles. Je me perfectionne en sport, et suis toujours prête à parler programmes et exercices à qui veut bien l’entendre. 
Je n’ai pas besoin de filmer chaque micro seconde de ma vie pour être présente pour ma communauté, celle qui m’a construit en tant que bloggeuse, en tant que sportive, et en tant qu’adulte bien dans ses pompes. 
Le nombre d’abonnés n’a plus aucune importance, puisque je n’ai plus besoin de ça pour me prouver ma valeur. Evidemment, je suis ravie d’en recevoir des nouveaux, et j’aimerais que ceux qui sont là (depuis le début ou depuis hier) restent, parce que partager sa passion avec autant de monde, ça fait quoi qu’il arrive chaud au coeur. Juste, une vie saine, ça ne se crée pas sur Instagram – ça se construit pour soi, et ça se garde pour toujours. 

Alors voilà. Aujourd’hui je vous propose un article un peu différent de d’habitude, parce que ce n’est pas une recette, ni des conseils régime. C’est même tout le contraire. Je vais traiter là d’une pseudo avancée médicale, censée lutter contre l’obésité aux Etats-Unis, et qui m’a fait perdre tout espoir en l’humanité et en sa capacité à faire les bons choix pour lui même. 

Pour donner un peu de contexte, j’ai écrit un mémoire de recherche sur le rôle des marques dans l’épidémie actuelle d’obésité, il y a de cela 2 ans. A ce moment là, je blamais d’une part l’industrie elle-même biensur, pour modifier au fil du temps ses recettes et ses portions (en augmentant la teneur en sucre des aliments notamment, parce que c’est une matière première très peu chère) mais aussi les consommateurs toujours en demande de produits plus gras et sucrés, et l’éducation (tant parentale que scolaire) qui amène à une méconnaissance totale des besoins en terme d’énergie et de nutriments. (demandez à n’importe qui dans la rue ce que sont les calories et de combien il en a besoin par jour pour vivre, vous allez rire.) Bref. 

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La news en question : 

Ce matin, je suis tombée sur plusieurs articles concernant une nouveauté médicale qui vient d’être autorisée aux Etats-Unis. La pompe gastrique actionnable directement par le porteur. Elle est destinée aux personnes obèses qui échouent à perdre du poids avec les régimes conventionnels, hors chirgurgie.

(Note: je vais en profiter pour ajouter ici, suite à un commentaire, que l’obésité est une maladie, bien évidemment, et qu’elle peut avoir des causes psychologiques, hormonales ou génétiques.)
En pratique, c’est une “sortie” que l’on place dans l’estomac et qui permet de le vidanger avant que les aliments n’atteignent la suite du circuit digestif. Donc avant que le corps ne puisse en récupérer les nutriments… et faire du gras avec en cas d’une ingestion trop importantes de calories. 

L’invention en tant que telle permet pour le moment de s’épargner 30% des calories de chaque repas, en passant 10min à “vidanger” son estomac, 30min après la fin du repas.

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Pourquoi ça me révolte ?

Parce que je pensais qu’on allait arriver à une auto régulation, que les lobbies de l’agro alimentaire allaient perdre leur combat face à une pression des gouvernements et des consommateurs. En réalité, on vient d’atteindre le point de non retour, ou le consommateur n’a même plus à prendre conscience de l’impact de ses actes, ou on l’infantilise jusqu’à l’autoriser à ne plus résister à ses pulsions.

La capacité de réfléchir et de se contrôler et une des choses qui font de nous des êtres évolués, et je suis absolument désespérée de voir que de telles inventions puissent être validées par de hautes autorités comme la FDA. Et je ne suis pas la seule, parce que de nombreux docteurs ont porté plainte et montré leur désaccord total avec ce genre de pratiques. 

 Alors oui, les créateurs ont sorti tout un argumentaire marketing sur le coté healthy : En plus de l’installation de l’appareil, on offre aux patients des conseils régime et on insiste sur la nécessité de mâcher beaucoup les aliments. 

Sauf qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une boulimie assistée, qui, au lieu de résoudre le problème initial de l’obésité (qui peut etre, encore une fois psychologique ou physiologique, mais qui de toute façon nécessite un réapprentissage du bien manger et de l’activité physique) , se contente de trouver un moyen rapide, stupide et destructeur – mais rentable financièrement pour l’entreprise – de s’alléger de sa cupabilité (et des calories qui vont avec.)

 

Bref, vous l’aurez compris, je suis outrée. J’aimerais que l’on enseigne enfin la nutrition dès le plus jeune âge, et qu’une véritable prise de conscience collective ait lieu. Je continue d’espérer que notre génération, vous et moi, qui faisons attention et faisons les meilleurs choix possibles pour nos corps, fasse tous les efforts possibles pour empecher ce genre d’horreur d’arriver en France par la force des choses.

Donc autant que possible, informez vos proches, informez vos enfants, apprenez leur que bien manger, c’est avant tout choisir des produits naturels en fonction de nos besoins mais aussi s’autoriser des extras de temps en temps pour se faire plaisir, sans pour autant céder à toutes nos pulsions. C’est important. 🙂