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Je dois l’avouer, on ne peut pas dire que je sois une coureuse née. J’en ai déjà parlé dans l’article sur la Spartan Race de 50km – je n’avais jamais vraiment couru (de ma vie) avant juillet 2019 (à part un 5k et un 10k, une fois), et j’ai commencé l’entrainement après m’être cassée la jambe. Bref, je n’ai pas vraiment fait les choses dans l’ordre.

J’étais assez réfractaire à l’idée de courir un marathon – la course n’étant pas spécialement ma discipline, je ne voyais pas pourquoi je voudrais passer 4h à faire ça en boucle, sur une route plate. Cela dit, j’ai regardé énormément de vidéos, de conférences et d’interviews de coureurs d’Ultra trail (Ultra étant le mot pour désigner les courses plus longues que les 42km d’un marathon) – et tous ces gens avaient quelque chose en commun : un focus, une concentration, une acceptation de la douleur,  bref, une sorte de détermination impressionnante que quelque part, j’enviais.

Si vous avez un peu de temps, regardez la vidéo ci-dessous – une de mes préférées, et vraiment inspirante!

 

J’ai la chance d’avoir un exemple dans la famille : mon frère est un ultra runner, qui vivait à Hong Kong il y a quelques années. Je suis donc allée demander conseil – et il m’a encouragé à m’atteler à un 50km pour commencer (la distance couverte lors de la Spartan Ultra beast), puis de viser 100. En cherchant une course “facile” (avec peu de dénivelé, et un terrain relativement sec), je suis tombée sur l’Ultra Trail d’Angkor, organisé par SDPO, à Siem Reap, au Cambodge.

J’ai pris mon dossard début Décembre, sans être vraiment sûre de pouvoir m’entrainer d’ici le 18 janvier. J’ai longtemps hésité sur la distance -ils ont 5 formats, de 16 à 128km, et je ne savais pas si je devais faire 32, 42 ou 64.  64 paraissant beaucoup, 32 à peine assez, je me suis décidée pour le marathon – je m’étais promise de ne jamais en courir de marathon de ma vie, parce que c’est un but que trop de gens ont (oui, je sais, c’est un raisonnement un peu bancal, mais allons bon), j’ai donc refusé d’appeler un chat un chat : je courais un trail, pas un marathon, et puis c’est tout.
Ne pas voir la distance m’a aidé à ne pas stresser trop en avance, alors que ça aurait été mon genre d’habitude. Cela dit, l
‘heure du départ pour Siem Reap est venue assez vite, et chaque jour avant la course, je réalisais un peu plus ce qui allait se passer.

Petite parenthèse touristique : pour ceux qui ne sont jamais allés au Cambodge, Siem Reap est une ville dans le nord du pays. Elle est surtout connue pour les temples d’Angkor, une site classé à l’Unesco. SI la ville en elle même est relativement quelconque (pas d’offense pour ceux qui ont adoré, j’ai une grosse préférence pour Kampot et Kep, au Sud), elle abrite des restos très chouettes, comme Spoons, le Vibe café (vegan) ou encore Mme Mock, pour des plats traditionnels Khmer vraiment pas chers.

 

Le Marathon Trail de l’Ultra Trail d’Angkor (UTA):

L’UTA prend place sur le site historique : le village de course est situé à la terrasse des éléphants, au coeur même des temples – la ligne d’arrivée aussi. Les départs, quant à eux, se font soit au même endroit soit plus loin dans les terres – on a roulé environ 30min en shuttle pour atteindre la ligne de départ du 42km.

Au Cambodge, la météo est largement dépendante des saisons (au nombre de deux, des pluies ou sèche) et Janvier est en plein milieu de la saison sèche. Une chance coté humidité (puisque courir avec un air très humide comme à Singapour est assez pénible) mais un challenge coté soleil et chaleur. De 25 à 5h du matin, on passe à 32 degrés en plein soleil vers 10h, et il faut venir préparé (avec de la crème solaire, une casquette ou un bandeau, et des lunettes de soleil) pour affronter ça au mieux.
Pour ceux qui n’ont jamais couru dans des climats pareils, c’est un vrai changement par rapport à la France, certains adorent et d’autres détestent, et il faut un peu de temps pour s’y faire – mais on en fait assez bien abstraction, une fois habitué.

La ligne de départ du Trail Marathon d’Angkor, 6h du matin.

Le parcours en lui même est relativement plat : il y avait une grosse volée d’escaliers au 9ème kilomètre, puis quelques montées et descentes dans la jungle – et le terrain est un mélange de route de graviers, de chemins et de sable, ce qui rend chaque pas intéressant. On passe aussi à travers des rizières – Il a même fallu mettre les deux pieds dans 40cm d’eau vers le 22ème kilomètre. Presque un soulagement cela dit, parce que mes jambes commençaient à chauffer sérieusement. 

map marathon trail angkor 2020 UTA
La map du parcours, si vous voulez vous faire une idée!

 

On passe dans des villages, des bouts de forêt et au milieu des temples – et on ne va pas se mentir, le parcours rend les kilomètres absolument tolérables, tellement l’environnement est beau. Les habitants des villages environnants sont sur les bords des chemins à regarder les coureurs passer et à les encourager.
Les points de ravitaillement proposent des fruits frais – et les bananes & agrumes du Cambodge sont vraiment incroyables en terme de saveurs.
L’arrivée se fait, comme précisé plus haut, sur la Terrasse des Eléphants, en plein coeur des temples – quelque chose de grandiose, de magique, qu’on attend avec impatience au moment même de partir.

ultra trail angkor marathon
(Entre nous, je ne sais pas comment les gens font pour avoir l’air présentable sur les photos de course, j’ai toujours l’air d’être en souffrance absolue)

Mon équipement pour le Marathon Trail d’Angkor:

Depuis la Spartan Beast et la Hurricane Heat 12hrs, je mets un point d’honneur à toujours venir préparée et équipée aux évènements : tout n’est pas contrôlable, et il y aura forcément des soucis sur la route – être préparé au mieux permet de diminuer l’impact de ces contrariétés sur une course, et ça change tout.

  • Un sac d’hydratation Decathlon avec 1L d’eau (puisqu’il y avait de l’eau aux ravitaillement)
  • des barres Energy Prozis & des barres de céréales Carmans, pour pouvoir manger toutes les heures au moins 150kcal, quasiment 100% glucides (code TFT10 pour 10% de réduc sur tout le site prozis)
  • Des lunettes de soleil & un bandana (qui a au final servi non pas à me protéger du soleil, mais à stabiliser mon genou, voir ci-dessous)
  • des chaussettes testées et approuvées au préalable (sinon, les ampoules ne sont jamais loin) – les miennes viennent de chez Reebok dans leur ligne “Running Club”, mais n’importe quelles chaussettes de course confortables auraient fait l’affaire. 
  • Les Supertrac Ultra RC de Scott aux pieds – j’avais peur qu’elles soient trop “trail” pour le terrain, et au final, elles ont été parfaites ! 

 

Mon retour d’expérience du Marathon Trail d’Angkor:

ultra trail angkor marathon

Je ne peux pas mentir, ça a été une course difficile.
Les 8 premiers kilomètres sont passés très vite, le décor était incroyablement beau et le fond de l’air était frais et je suis partie très vite – trop vite, sûrement, je ne maitrise clairement pas encore les courses longues.
J’étais absorbée par ce qui se passait sous mes yeux, les rizières, la forêt, le lever de soleil, au point d’en oublier tout le reste. 
Au 13ème kilomètre, un de mes genoux (celui que j’avais déjà abimé l’année dernière) a lâché, et la douleur était très vive. J’ai passé au moins 5km à réfléchir à un abandon – chaque pas était douloureux, et il y avait encore les 30km devant, c’était stupide de vouloir les affronter à moitié sur une jambe, en mettant mon poids un maximum sur mon genou valide.

Et puis.. la beauté de l’effort et des environs l’ont emporté, j’ai fait le choix conscient de finir la course, en sachant que ça pourrait avoir des conséquences sur les prochaines semaines et mois. Chaque minute du parcours était à la fois douloureuse et résolument belle, et il m’a fallu 5h15 pour en venir à bout. Sur la route, des gens formidables, qui se sont soucié de mon genou alors qu’ils n’avaient pas à le faire, qui m’ont donné du baume du tigre et des anti-douleurs. Les rencontres dans les villages étaient précieuses aussi.

Tout était magique, et j’ai été surprise de voir les tentes du village arriver aussi vite, presque. C’était une formidable aventure, quelque chose d’inoubliable – peut être parce que c’était mon premier marathon, et que ça m’a donné (probablement pour toujours) le goût du trail. 

finish line ultra trail angkor
Et soudain, la ligne d’arrivée (je suis la personne en train de larmoyer en arrière-plan)

Evidemment, parce que c’est une habitude désormais, j’ai pleuré tout ce que je pouvais à l’arrivée – dans les bras d’une adorable dame qui a tout fait pour que le sourire revienne. (Si elle lit ces mots, MERCI!) Un massage et une bière plus tard, il était temps de dire aurevoir à la Terrasse des Elephants… et de rentrer prendre une bonne douche.

marathon ultra trail angkor finisher

Je finis 2ème de ma catégorie (senior femme) et 6ème femme au scratch. Je finis surtout avec des images plein la tête, une cheville très enflée (j’avais peur pour le genou, et au final, la cheville a encaissé le choc, je dois encore aller chez le médecin vérifier que rien n’est cassé), et hâte de pouvoir courir de nouveau, pour recommencer. 

Est-ce que vous devriez aussi courir l’Ultra Trail d’Angkor l’année prochaine?

OUI. Plusieurs raisons :

  1. C’est une course organisée par une association Française : les informations sont disponibles en français et en anglais, le staff est majoritairement Français, et vous n’aurez aucun mal à communiquer si l’anglais (ou le khmer) n’est pas votre forte. Ils proposent des formules avec hébergement depuis la France, et s’occupent bien de leurs visiteurs. 
  2. Le parcours est exceptionnel – et j’ai eu l’occasion de me balader beaucoup en Asie, mais cette course restera gravée dans ma mémoire, tant par la diversité du terrain que par les paysages inoubliables. 
  3. Vous pouvez choisir la distance qui vous convient : c’est une course ouverte à tous, et si vous vous voulez pouvoir visiter Siem Reap et peut être le reste du Cambodge, vous pouvez opter pour des formats un peu plus courts que le marathon (16 ou 32). 
  4. On rencontre des gens vraiment chouettes : la communauté des coureurs de trail est vraiment différente du monde du running sur route. Tout le monde s’entre-aide, s’intéresse aux autres coureurs, est partant pour discuter (au départ, à l’arrivée et parfois même pendant la course) Bref, de quoi élargir son cercle de connaissances avec des passionnés !
ultra trail angkor parcours
Environnement de course: 11/10


Ca vous tente?
Plus d’informations sur l’Ultra Trail d’Angkor sur leur site officiel et sur la page facebook.

 

N’hésitez pas à me faire part de vos questions en commentaire, toujours ravie d’y répondre et de vous aider si vous avez besoin d’un petit coup de pied aux fesses pour vous inscrire !