En Octobre 2020, je me suis lancée à corps (et mollets) perdu(s) dans un nouvel objectif – courir 300km en 31 jours, en plus de mes entrainements quotidiens à la salle de sport. Je me suis vraiment mise à la course il y a un an environ (pour la Spartan Race de 50km), et j’ai encore énormément à apprendre. L’objectif est atteint, et je voulais vous partager les 10 choses que j’ai retenues de l’aventure – et qui me serviront dans la vie de tous les jours. 

Reprennons du début. Pourquoi 300km?
Le chiffre ne sortait pas tout à fait de nul part – j’ai couru 200km en Septembre, je voulais tester mes limites et c’est un des défis suggérés par Strava. 
C’était un objectif ambitieux mais réalisable, court-terme, mesurable, bref – une mission assez chouette sur le papier.
J’ai commencé par fixer quelques règles : 

  • Tous les kilomètres devaient être courus. Pas de marche rapide, seule la course compte.
  • Aucun run en dessous de 3km (pour ne pas être tentée de courir en permanence sur des toutes petites distances.)
  • Pas d’excuses de soucis GPS : ne comptent que les kilomètres enregistrés par la montre (une Garmin 645 Music, et coté app j’utilise Strava)
  • Dans le cas d’une blessure, arrêt immédiat de la mission. Ayant couru un marathon trail sur un genou / pied très abimé, je sais ce que c’est de forcer quand il faut s’arrêter. Pas de ça cette fois.

Et je me suis lancée. Il a fallu:

  • 310km courus en tout (j’ai poussé un peu le dernier long run) 
  • 39 sorties running dont environ 30% sur tapis de course et 5 long runs. 
  • 15 barres de céréales (une tous les 10km sur les long runs)
  • 5  tablettes d’electrolytes (code TFT10 pour 10% de reduction sur tout le site)
  • pas mal de temps passé à faire des lessives
  • plusieurs soirées sacrifiées “parce que je dois aller courir demain matin tôt”.
Le détail des runs chaque jour. La a dernière semaine, j’ai été obligée de courir 2 fois par jour pour rattraper le retard accumulé.. ce qui aurait pu être évité si j’avais mieux planifié le début du challenge.

C’était une expérience vraiment intéressante – un gros combat contre la lassitude, contre la douleur et la fatigue aussi. Je suis évidemment super fière, et pas mécontente que ce soit fini.
Mais du coup, qu’est-ce qu’il faut en retenir? 

1. On se découvre quand on sort de sa zone de confort 

La plupart d’entre nous vivent des vies confortables, dans lesquelles le défi n’a pas vraiment pas sa place. On ne prend pas de risques, on va souvent au plus simple et au moins douloureux. Cela dit, il y a beaucoup plus à apprendre de nous mêmes dans les situations d’inconfort – quand on est fatigué, triste, angoissé. Courir 300km, c’est passer beaucoup de temps dans sa propre tête, avec juste ses pensées pour compagnie. Et c’est une bonne occasion pour faire le point.


2. Plus vous parlez de votre objectif, moins vous pouvez vous défiler

J’avais un peu du mal au début de parler de cet objectif – parce que je ne suis pas une très bonne coureuse, parce que j’avais peur que de ne pas réussir. Mais plus vous parlez de votre objectif autour de vous, plus il y a de gens au courant, plus vous vous sentez “obligé” de réussir. Ou tout du moins, de mettre tout en oeuvre pour. C’est peut-être un peu de fierté et de peur du jugement, mais ça donne “envie” d’enfiler ses baskets et de prouver au monde qu’on peut le faire. 

 

3. La chance ne sourit qu’aux esprits préparés

Evidemment, il est possible de juste se lancer sans préparation – mais soyons réalistes :  un peu de préparation ne peut pas nuire. 
Dans ce cas précis, un planning des courses et une estimation de combien de kilomètres je devais courir par semaine, mais aussi plusieurs tracés de course, histoire de ne pas trop s’ennuyer. Un sac à dos pour les sorties longues aussi, très étudié, pour ne contenir que le minimum – mais néanmoins tout ce dont je pouvais avoir besoin.
J’ai aussi racheté des baskets, plus adaptées aux différents types de run (des chaussures légères pour les courses rapides sur tapis, des chaussures de stabilité pour les sorties longues) et une panoplie de chaussettes, genouillères, chaussettes de compression, et des barres de céréales et gels testés et approuvés (pour ne pas être malade pendant les runs les plus longs.)
Ce qui nous amène au point suivant… 

le contenu de mon sac et le pauvre sac qui a pas mal souffert entre temps

4. Sh*t WILL happen

La préparation, c’est la partie qui est en votre contrôle. Et puis il y a tout le reste. La météo, les cailloux dans les chaussettes, les blessures diverse, les changements de planning… et il n’y aura pas d’autres choix que de faire avec.
Plus on est préparé, plus il est “facile” de gérer les petits aléas – mais il faut aussi accepter parfois de s’adapter  – rien ne doit être gravé dans la pierres, et il faut savoir être flexible. Et si on ne peut pas faire une sortie longue un samedi parce qu’il pleut des trombes.. alors on la pousse au lendemain, même si on avait prévu de passer la matinée à trainasser. 

 

5. La douleur est inévitable, souffrir est optionnel

Il y a évidemment des fois (des tas) ou on à envie de laisser tomber. A cause de la douleur – à la longue, les mollets et les chevilles tirent énormement, les courbatures ne se remettent jamais vraiment, il y a toujours au moins un endroit qui fait mal – ou parce qu’on réalise à quel point l’objectif est intangible et “inutile”, dans un sens. 
L’ennui aussi a été très difficile à gérer – je pensais que le corps lâcherait avant la tête, mais il y a eu des tas de fois ou se trainer dehors (ou à la salle) pour courir après des jours et des jours à faire ça de façon mécanique, c’était juste pénible. 

J’ai fait en sorte de récupérer du mieux possible – j’ai augmenté mes apports en glucides (pour avoir de l’énergie à dispo), mais aussi en protéines (pour ne pas risquer de détruire trop de muscles dans la foulée). J’ai essayé de me coucher plus tôt, de moins sortir, de ne pas laisser le stress du boulot jouer sur ma motivation et mes performances. Evidemment, je sais que je ne sors pas de l’expérience “plus fit” – mon niveau de course est resté relativement stable, même si je tolère beaucoup mieux les efforts longs et répétés maintenant. Mais mentalement, j’ai l’impression d’avoir appris énormement sur ma gestion de la pression, de l’ennui et de la douleur. 

 

6. Il faut savoir quand s’arrêter – et quand se pousser un peu. 

Parce que oui, sur 300 bornes, il y a des petites blessures / grosses fatigues qui apparaissent. C’est normal, le corps en à marre (et on ne peut pas lui en vouloir). Le but, c’est de discerner ce qui est une vraie douleur, qui mérite un arrêt immédiat (une entorse, une fracture de stress, etc) et ce qui est une douleur passagère, qui peut se gérer et qui va potentiellement disparaitre (un ongle arraché, des sales courbatures, des douleurs dans les hanches ou dans le dos parce que la colonne se tasse en courant). 
Quand on est fatigués, tout parait être une bonne excuse pour abandonner – et il faut savoir quand, effectivement, il faut dire stop.. et quand il faut se pousser un coup. 

 

7. Chaque pas compte

Le run le plus long pendant le mois s’est étendu sure 36km – le plus court, 3km sur un tapis de course. Les deux ont contribué à l’objectif – et aucun effort n’est “trop petit”, tant que vous continuer d’avancer dans la bonne direction.

Prêt(e)s à vous lancer dans des long runs? Retrouvez ici mes conseils pour bien commencer !

8. Entourez vous de gens qui ont la même façon de penser que vous.

Evidemment, vous ne pourrez pas forcément trouver des gens qui ont exactement les mêmes objectifs – mais il y a seulement besoin de soutien, de gens qui croient en vous quoi qu’il arrive. Et si certains sont prêts à avancer un peu avec vous, ou à vous donner le coup de pied aux fesses dont vous avez besoin de temps en temps.. Gardez les, ce sont les bons. 

merci mon ami dêtre venu courir 5km avec moi !
Meilleur cadeau de soutien (et oui, c’est une inside joke, c’est de l’anglais de chez nous :x)

9. “If it makes you happy, it doesn’t have to make sense to others.”
(si ça vous rend heureux, ça n’a pas à paraitre sensé pour les autres).

Il a TOUJOURS des gens qui ne sont pas de votre coté. Qui pensent que vous allez échouer, qui pensent que c’est stupide, et qui projettent au final leurs insécurités sur vous. Il y aura toujours des gens pour ne pas comprendre – et c’est ok, mais il ne faut pas les laisser avoir un impact sur votre expérience, et n’accepter que les critiques et les conseils des gens dont vous estimez l’opinion.

 

10. Soyez fiers du chemin parcouru

Il n’y a pas de “petits objectifs” – 300km peut sembler énorme pour certains et relativement faible pour d’autres. C’est plutôt une question de ce qui était un défi pour moi, à ce moment là, avec l’entrainement que j’avais. Je suis fière, contente que ce soit derrière moi, et prête pour essayr quelque chose de différent.
Je vais continuer à courir 3 à 5 fois par semaine – mais avec un vrai objectif de performance et d’entrainement, et plus juste des kilomètres. J’ai hâte de retrouver un entrainement plus structuré à la salle aussi (pas beaucoup de leg days ce mois ci, parce que tout faisait mal ^^’). 
Mais c’était une très bonne expérience, et je conseille à tout le monde de se lancer dans un défi très ambitieux mais réalisable, parce qu’il y a des tas de choses à en retirer. 

300km 1 mois
Le sourire de quelqu’un qui vient tout juste de passer la barre des 300km.

Et maintenant… il va devoir falloir choisir l’objectif de Novembre ! 

 

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